Couleuvre helvétique
Natrix helvetica (Lacepède, 1789)
- 59 observations
-
7
communes -
30
observateurs -
Première observation
1985 -
Dernière observation
2019
Aimargues - Beauvoisin - Le Cailar - Le Grau-du-Roi - Saint-Gilles - Saint-Laurent-d'Aigouze - Vauvert
Informations espèce
La Couleuvre helvétique est un serpent de taille moyenne qui atteint une longueur de 60 cm à 1.40 m à l'âge adulte et ne dépasse qu'exceptionnellement 1,50 m (record connu en France, d'après la bibliographie ancienne : 1,74 m en Provence, valeur tout à fait extraordinaire pour cette espèce). La plupart des grands adultes qu'on peut observer mesurent 1.10 m ou 1.20 m et les nouveaux-nés mesurent de 15 cm à 20 cm environ à l'éclosion (l'espèce est ovipare). C’est une couleuvre au corps remarquablement trapu chez les femelles âgées, qui sont vraiment de gros serpents (comparables en circonférence aux mâles de la Couleuvre de Montpellier Malpolon monspessulanus, malgré une longueur bien moindre).
Cette espèce présente une tête plutôt ovoïde et aux arêtes douces, mais qui devient très triangulaire lorsque l’animal est apeuré et adopte, comme la Couleuvre vipérine (Natrix maura) ou la C. astreptophore (N. astreptophora), une attitude de "bluff". En cas de stress intense (capture par ex.), cette couleuvre peut même aller jusqu'à simuler la mort en restant parfaitement inerte durant de longues minutes, gueule entrouverte au début (comportement partagé avec N. astreptophora).
La robe est assez variable : le corps est généralement verdâtre, brunâtre, ocre-rougeâtre ou gris plomb voire gris bleuté, avec souvent des taches noires éparses qui fusionnent en barres verticales sur les flancs. Plusieurs cas de mélanisme ont été notés en zone montagneuse (Pyrénées notamment) et c'est avec la Vipère aspic (Vipera aspis) le serpent qui semble le plus couramment sujet à ce type de mutation. La face ventrale est typiquement bicolore, avec des zones noires et blanches qui forment un motif en damier ou "clavier de piano". On distingue un double collier noir et blanc ou noir et jaune sur la nuque (d’où son ancien nom), mais avec l’âge -surtout chez les femelles- ce double collier peut s’estomper fortement jusqu'à devenir indiscernable ou presque. Les écailles labiales sont claires et barrées de 4-5 traits noirs verticaux très caractéristiques. Comme chez les autres espèces du genre Natrix (et comme chez les vipères), les écailles dorsales sont carénées. L'écaillure de la région oculaire est identique à celle de N. astreptophora (3 écailles post-oculaires et 1 pré-oculaire) mais diffère de celle observable chez N. maura (2 écailles post-oculaires et 2 pré-oculaires).
Signalons qu'il existe entre l'Aude et l'Ariège une zone de contact entre Natrix helvetica et N. astreptophora (cf. "Répartition"), avec localement présence d'hybrides (génétiquement attestés) qu'il est impossible d'attribuer à l'une ou l'autre espèce sur la simple base de critères externes.
Attention aux confusions avec les jeunes de la Couleuvre verte-et-jaune (Hierophis viridiflavus) et de la Couleuvre d'Esculape (Zamenis longissimus), qui présentent également un motif en collier à l'arrière de la tête et passent donc très souvent pour de jeunes Natrix helvetica ou Natrix astreptophora.