Couleuvre de Montpellier (La)

Malpolon monspessulanus (Hermann, 1804)

Ordre : Squamata Famille : Lamprophiidae Genre : Malpolon
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    observations

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    communes

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    observateurs

  • Première observation
    1975

  • Dernière observation
    2024
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Informations espèce

C'est le seul serpent de France (métropolitaine) pouvant atteindre ou dépasser 2 m de longueur. Le record connu pour l'espèce est un spécimen espagnol de 2,40 m, soit 20 cm de plus que le plus grand individu jamais mesuré en Occitanie : 2,20 m à Tuchan, dans l'Aude. De tels animaux sont cependant rares et ne représentent que 3% de ceux qui ont passé le test du mètre-ruban en France (des centaines). On rencontre pourtant régulièrement des personnes affirmant avoir observé des couleuvres "d'au moins deux mètres", y compris là où la Couleuvre de Montpellier n'existe pas. De tels témoignages mériteraient d'être pris plus au sérieux, car ils tendent à indiquer qu'une part non-négligeable de nos concitoyens souffre probablement de troubles cognitifs peu bénins. Ce serpent est aussi le plus gros de France : il peut atteindre 20 cm de circonférence et peser près de 2 kg, voire un peu plus.
Ces records ne concernent que des mâles, car les femelles sont bien plus petites et ne dépassent pas 1,40 m. Ce fort dimorphisme sexuel, inversé par rapport aux autres serpents (les femelles sont en règle générale plus grandes et plus massives que les mâles), paraît propre au genre Malpolon. Il s'accompagne d'un dichromatisme sexuel tout aussi marqué : les mâles ont une robe verdâtre ou brunâtre uniforme, à l'exception d'une zone noirâtre sur la partie antérieure du dos. La base des flancs porte un mélange de noir et de gris-bleuté, souligné par une ligne de teinte jaune. Les femelles, elles, ont une robe généralement brune et ornée de motifs peu nets (taches brun foncé, tirets blanchâtres...) qui s'agencent en lignes épaisses sur la queue. Elles sont aussi caractérisées par la présence de taches blanc pur (cernées d'un liseré sombre) sur les écailles préoculaire, postoculaires et supralabiales. Dimorphisme et dichromatisme sexuels sont inexistants à l'éclosion, les jeunes mesurant tous de 20 cm à 30 cm environ et présentant tous la même robe (proche de celle de la femelle), quel que soit leur sexe.
La Couleuvre de Montpellier, sur bien d'autres points, s'avère tout à fait unique dans le contexte de l'herpétofaune française :
-C'est la seule représentante européenne de la famille des Lamprophiidae, serpents essentiellement africains.
-C'est la seule couleuvre venimeuse de notre pays. L'appareil inoculateur, de type opistoglyphe, est cependant bien moins performant que celui des vipères (de type solénoglyphe). Les rares envenimations humaines connues (toutes bénignes) ne concernent que des herpétologistes ayant capturé et manipulé ce serpent.
-C'est le seul serpent de France à posséder des écailles dorsales "en gouttière", présentant une dépression centrale.
-C'est le seul serpent de notre pays à avoir le dessus du crâne légèrement concave, avec des "arcades sourcilières" saillantes. Les côtés de la tête sont également fortement "creusés" en avant de l'œil, ce qui lui autorise une vision binoculaire et un comportement caractéristique : toujours sur le qui-vive, elle repère les intrus de très loin (50 m ou plus) et les surveille frontalement, l'avant du corps dressé à la façon d'un périscope.
-C'est le seul serpent de France dont l'écaille frontale, très étroite et allongée, est en forme "de clou de girofle".
Malgré ces singularités, qui devraient permettre d'éviter toute méprise, la Couleuvre de Montpellier est régulièrement signalée de zones où elle n'existe pas en France. Il s'agit souvent d'un simple problème d'homonymie : ce que beaucoup de personnes appellent la "Couleuvre de Montpellier" n'est tout simplement pas la "Couleuvre de Montpellier" au sens scientifique du terme. La "Couleuvre de Montpellier" des Hautes-Pyrénées, du Gers, du Tarn-et-Garonne etc. n'est autre que la Couleuvre verte-et-jaune ou la Couleuvre d'Esculape, voire une vieille, grande et grosse femelle de Couleuvre helvétique. Le problème cognitif évoqué plus haut permet évidemment d'attribuer, sans l'ombre d'une hésitation, une taille d'au moins 2 m à ces serpents qui mesurent en réalité bien moins que ça.
C'est, comme la Couleuvre verte-et-jaune (<i>Hierophis viridiflavus</i>), une espèce très adaptable qu'on peut observer dans une grande gamme de milieux, secs à humides, pourvu qu'ils bénéficient d'un ensoleillement généreux : marais littoraux, bords de cours d'eau, vignobles, vergers, maquis, garrigues, haies bocagères, talus de voies ferrées et talus routiers, friches urbaines et péri-urbaines, jardins, lisières de bois etc. Cette couleuvre est une prédatrice opportuniste, qui consomme une grande variété de proies (rongeurs, oiseaux nichant au sol...) mais qui apprécie particulièrement les lézards et les serpents. C'est certainement (avec la Couleuvre verte-et-jaune, <i>Hierophis viridiflavus</i>) le serpent français qui présente la plus nette tendance à l'ophiophagie.
La Couleuvre de Montpellier est une espèce ibéro-maghrébine qu'on rencontre à la fois en Afrique du Nord (Maroc, Algérie), dans la péninsule Ibérique (Espagne, Portugal), dans le Midi méditerranéen de la France et dans l'extrême nord-ouest de l'Italie. Elle colonise des localités atlantiques dans le sud de son aire (littoral du Sahara occidental, sud de l'Espagne et du Portugal) mais devient strictement méditerranéenne au nord de son aire, où seul le climat du même nom peut satisfaire ses exigences thermiques élevées. En France, où elle est justement en contexte de limite nord (le point le plus septentrional de sa répartition mondiale se situe en Ardèche), sa présence est parfaitement calquée sur le domaine climatique méditerranéen et elle est absente des zones soumises à un climat autre. En conséquence, sa répartition occitane n'intéresse que les départements de l'ex- région Languedoc-Roussillon : Pyrénées-Orientales, Aude, Hérault, Lozère et Gard. Elle ne les colonise d'ailleurs pas totalement, car ils sont en partie constitués de zones ne bénéficiant pas d'un authentique climat méditerranéen (secteurs montagneux élevés du massif Central et des Pyrénées, ou bien de basse altitude mais situés sur le versant atlantique du massif Central, comme une bonne partie de la Lozère). Les altitudes maximales atteintes par cette couleuvre en Occitanie sont de fait assez modestes : 1060 m dans le massif Central sur l'Espinouse (Hérault) et 1320 m en Réserve Naturelle de Jujols (Pyrénées-Orientales) (à comparer avec les 2400 m atteints dans le sud de l'Espagne). La très grande majorité des observations se situe en-dessous de 500 m d'altitude. Notons pour finir que, sous l'effet du changement climatique et de la "méditerranéisation" annoncée de beaucoup de zones proches de son aire actuelle (couloir du Lauragais, reliefs de la bordure sud du massif Central...), cette espèce -mobile et peu exigeante en terme d'habitats- est fortement susceptible de coloniser lesdites zones dans les décennies à venir. Elle y remplacera progressivement la Couleuvre verte-et-jaune (<i>Hierophis viridiflavus</i>), qui les occupe actuellement.
Coelopeltis monspessulanus var. occidentalis Werner, 1907 | Coluber monspeliensis Gervais, 1848 | Coluber monspessulanus Hermann, 1804 | Coluber rupestris Risso, 1826 | Malpolon monspessulanus monspessulanus (Hermann, 1804) | Natrix lacertina Wagler in Spix, 1824

Observations par classes d'altitudes

Observations mensuelles