Orvet fragile (L')

Anguis fragilis Linnaeus, 1758

Ordre : Squamata Famille : Anguidae Genre : Anguis
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  • 121
    observations

  • 5
    communes

  • 27
    observateurs

  • Première observation
    1980

  • Dernière observation
    2018
- Arnassant Stéphan - Baudouin Simon - Bergue Emilie - Boissinot Stéphane - Cramm Patrice - Faucher Mickaël - Fizesan Alain - Foucart Antoine - Gendre Thomas - Leborne Florian - Lebraud Christian - Marger Jean-paul - Monchaux Geoffrey - Morin Didier - Pelé Jean - Petit Daniel - Ponel Philippe - Ponthieux Yann - Rouschmeyer Laurent - Sabran Cyrille - Sorais Pierre - Tcheng Emmanuel - Tiné Rémi - Tovar Romain - Trouillas Jean-pierre - Van Der Yeught Alexandre

Informations espèce

Ce lézard est, avec l'Orvet de Vérone (Anguis veronensis, absent d'Occitanie), un des rares représentants hexagonaux de la famille des Anguidae, qui ne compte qu'une dizaine de genres (à titre de comparaison, la famille des Lacertidae -les lézards "vrais"- en comporte une quarantaine). Ce sont des lézards généralement apodes (= dépourvus de membres locomoteurs) et au corps très allongé, ressemblant superficiellement à des serpents et qui se déplacent comme eux par reptation. La distinction entre l'Orvet fragile et un serpent s'avère cependant facile :
-Plates, lisses, peu épaisses et translucides, les écailles de la face dorsale sont assez peu visibles au premier regard. Elles ressemblent plus fortement à celles des poissons qu'à celles des serpents et confèrent au corps de l'animal un aspect vernissé très singulier.
-les écailles ventrales sont disposées sur plusieurs rangées longitudinales et non pas une seule.
-les yeux sont dotés de paupières alors que ceux des serpents en sont dépourvus (leur protection est assurée par une écaille spécialisée, transparente : la lunette).
L'Orvet fragile est un lézard de taille moyenne, de teinte générale grise à brune, qui peut mesurer jusqu'à 55 cm environ, dont près de la moitié pour la queue. D'ordinaire, les adultes qu'on rencontre mesurent une trentaine de cm. Les nouveaux-nés sont très petits et ne mesurent que 7 cm à 10 cm à la naissance, lorsque la mère "met bas" (ce reptile, ovovivipare - = "vivipare"-, ne pond pas d'œufs). Le dichromatisme sexuel est marqué : la femelle présente une robe bicolore plus ou moins contrastée (dos bien plus pâle que les flancs) alors que celle du mâle est uniforme. Chez les deux sexes, on peut observer des individus plus ou moins finement lignés, souvent en pointillés. Le nouveau-né, lui, est toujours franchement bicolore, avec un dos très pâle (crème, ivoire...) orné d'une ligne vertébrale foncée, cette coloration dorsale contrastant fortement avec des flancs pratiquement noirs.
Les divers noms français, anglais, espagnol, allemand etc. de cette espèce originale, plutôt bien connue du grand public (jardiniers notamment), évoquent plusieurs de ses caractéristiques :
-"Serpent de verre" : fait référence à la morphologie générale de l'espèce, à l'aspect très lisse et luisant ("vitrifié") de son écaillure et à sa faculté d'autotomie : ce lézard, comme beaucoup de lézards, peut volontairement s'amputer de la queue en cas d'agression (la simple manipulation de l'animal entre dans cette catégorie). Il est donc cassant comme le verre, matériau dont il a grossièrement l'apparence.
-"Slow worm" (anglais) : fait référence à la lenteur de l'espèce (cependant capable de petits "sprints" et d'une grande agitation en cas de stress aigü), à sa morphologie de "gros ver de terre" et à ses mœurs plutôt souterraines : on l'observe rarement à découvert, mais on le découvre fréquemment sous divers objets reposant au sol (pierres, bâches, tôles, planches etc.) ou dans le sol même, en bêchant son potager par exemple.
-"Lución" (espagnol) : fait principalement référence à son écaillure luisante ("lucir" : briller, luire). Les espagnols l'appellent également "Culebrilla de cristal", soit "Petite couleuvre de cristal" (pour "verre", l'espagnol préfère "vidrio"), équivalent du "Serpent de verre" français.
-"Blindschleiche" (allemand) : fait référence aux mœurs pratiquement souterraines de l'animal, en particulier sa propension à circuler dans la litière et à se glisser sous les objets reposant au sol ("schleiche" : se glisser) de même qu'à la cécité supposée de ce "reptile-taupe" aux petits yeux ("blind" = aveugle).
Lézard semi-fouisseur appréciant une humidité assez élevée, une certaine fraîcheur et un ombrage relatif, l'Orvet fragile ne se rencontre qu'au sein d'habitats présentant des sols meubles ou riches en fissures, restant plus ou moins humides durant les périodes sèches (au moins en profondeur) et proposant des refuges ombragés. Il apprécie donc aussi bien les milieux rocheux fragmentés (éboulis profonds, talus de voies ferrées, tas de pierres volumineux ou gros murets de pierres sèches, ruines, bords de torrents ...) que certains milieux non-rocheux dotés d'une litière épaisse et/ou d'une végétation dense au niveau du sol (landes, prairies de fauche, mégaphorbiaies, lisières et clairières forestières, vieilles haies épaisses...). Il est assez fréquent dans les jardins (potagers en particulier), habitats anthropiques bénéficiant classiquement d'une bonne irrigation en période estivale et comportant souvent divers endroits attractifs pour lui (tas de feuilles mortes, paillage, déchets de tonte, bac à compost, petites surfaces incultes etc.). Ce lézard, bien moins habile que les Lacertidae (qui capturent fréquemment des insectes volants, parfois en plein vol), se nourrit plutôt d'invertébrés rampants et peu vifs tels que mollusques, lombrics, chenilles etc.
L'Orvet fragile est une espèce d'Europe occidentale qui s'étend, d'ouest en est, de la façade atlantique (nord de l'Espagne et du Portugal, France, Grande-Bretagne) à la République Tchèque et au nord de la péninsule Scandinave (côtes du golfe de Botnie, en Suède). Sa limite sud passe par la péninsule Ibérique, les Alpes (la botte italienne est occupée par l'Orvet de Vérone) et le nord des Balkans. Il est par ailleurs inexistant en Corse, en Sardaigne et en Sicile. En France, ce lézard occupe à peu près tous les départements continentaux (à l'exception des Alpes-Maritimes, du Var et des Bouches-du-Rhône, où l'Orvet de Vérone le remplace), mais il est peu ou pas observé dans certaines parties du Sud-Ouest.<br> C'est une espèce largement distribuée en Occitanie (connue de tous nos départements), mais qui semble toutefois très localisée dans les plaines de l'ex-région Midi-Pyrénées, où les observations sont rarissimes (Gers par exemple). Cette rareté est probablement liée aux sols de ces zones (argiles etc.), très compacts et qui par ailleurs s'assèchent fortement en été. Il s'agit de surcroît de secteurs intensivement cultivés, globalement peu propices à l'herpétofaune (structure physique simplifiée, faible diversité de gradients thermiques et hydriques). Il est également peu observé sur les causses (causses du Quercy et grands causses), mais il s'agit plus probablement là d'un artefact de sous-détection : ces zones calcaires s'assèchent rapidement en été, mais elles sont rocheuses (en plus d'être relativement boisées et bocagères) et offrent en profondeur de multiples fissures, failles, anfractuosités etc. où l'espèce peut séjourner dans des caches humides. Preuve en est l'observation épisodique -lorsque la météo s'y prête- d'Orvets fragiles sur des parcelles occupées par le Lézard ocellé <i>Timon lepidus</i>, sur les causses du Quercy notamment. Ce lézard, par contre, est abondant et facilement observable dans les secteurs montagneux de la région (Pyrénées et Massif central), de l'étage collinéen à l'étage subalpin. Particulièrement commun à l'étage montagnard, il se raréfie dès le subalpin et ne paraît pas coloniser l'étage alpin (> 2200 m / 2300 m).
Anguis eryx Linnaeus, 1758 | Anguis fragilis fragilis Linnaeus, 1758 | Anguis gamma Roubieu, 1825 | Anguis orvet Lacepède, 1789 | Anguis vittatus Gravenhorst, 1832 | Dorfia punctata Gray, 1839

Observations par classes d'altitudes

Observations mensuelles