Couleuvre d'Esculape (La)

Zamenis longissimus (Laurenti, 1768)

Ordre : Squamata Famille : Colubridae Genre : Zamenis
Chargement...

  • 55
    observations

  • 6
    communes

  • 28
    observateurs

  • Première observation
    1972

  • Dernière observation
    2022
Baudouin Simon - Boissinot Stéphane - Bosson Tom - Chaval Yannick - Colombo Raphaël - Danflous Samuel - Deschaume Nicole - Fluhr Julie - Gauthier-clerc Michel - Geniez Philippe - Guichard Anne;gsegner Claire - Guillaume Claude-pierre - Herrera Antoine - Jalabert Jérémy - Josse Neeft - Karline Martorell - Leborne Florian - Monchaux Geoffrey - Monod Régine - Nicolas Jean - Perrin William - Petit Jérémiah - Piry Sylvain - Rancilhac Loïs - Tiné Rémi - Tovar Romain - Trouillas Jean-pierre - Vollot Benjamin

Informations espèce

La Couleuvre d’Esculape est un grand serpent d'allure élancée atteignant jusqu’à 1.50 m voire 1.60 m, mais la plupart des adultes observables en France mesurent autour de 1.30 m ou 1.40 m. Son qualificatif latin ("longissimus" = "très long") ne semble pouvoir s'appliquer qu'à certaines populations d'Europe centrale, au sein desquelles les individus de taille supérieure à 1,50 m sont plus fréquents. La taille des nouveaux-nés, à l'éclosion (l'espèce est ovipare), est un peu supérieure à 20 cm (23 cm à 25 cm).

C'est une couleuvre à l’écaillure particulièrement lisse d'aspect, plus ou moins luisante. La robe, de teinte uniforme, peut être châtain, brun-grisâtre, marron foncé ou beige, avec un discret semis de petits tirets blanc pur. On rencontre parfois des individus lignés, de façon généralement peu contrastée (brun foncé/brun plus pâle). Le ventre quant à lui est uniformément jaunâtre. A l’âge adulte, la Couleuvre d’Esculape peut difficilement être confondue avec les autres espèces de serpents de la région. Par contre, les erreurs d’identification sont fréquentes avec les juvéniles, dont l'aspect est extrêmement différent et qui passent souvent pour de jeunes Natrix helvetica (la "Couleuvre à collier" de chez nous) ou Natrix astreptophora (voir les pages consacrées à ces espèces), car ils arborent un "collier" très contrasté sur la nuque (deux zones jaunâtres accolées à un "V" noir). Les motifs de la tête diffèrent cependant fortement et permettent d’éviter toute méprise : écailles labiales uniformes à l'exception notable d'une épaisse tache noire sous l’œil et tache noire allongée en arrière de l’œil. La robe, réticulée-tachetée, est également peu comparable à celle des jeunes N. helvetica ou N. astreptophora.
Le dimorphisme sexuel est assez peu accusé et concerne surtout les proportions générales du corps : les femelles sont un peu plus massives et moins longues que les mâles.

Cette grande couleuvre, animal sacré dans les cultures hellénique et latine de l'Antiquité pré- judéo-chrétienne (il en a été autrement par la suite), était en Grèce l'attribut du dieu de la médecine, Asklêpiós ("Aesculapius" à Rome, "Esculape" en français). Elle était représentée s’enroulant autour de son bâton et c'est toujours, aujourd’hui, l'emblème des médecins. C'est également elle qui enlace la coupe d’Hugieía ("Hygie" en français), fille d'Asklêpiós et déesse grecque de la santé, sur le caducée des pharmaciens.
Cette couleuvre s'avère assez nettement forestière et s'observe essentiellement dans des contextes boisés, où elle fréquente les lisières, clairières, pare-feux, talus de pistes et de routes, bordures de voies ferrées etc. Elle apprécie également les bocages denses ainsi que les paysages où alternent en mosaïque bois et landes plus ou moins fermées (causses, Cévennes...). Les secteurs intensivement cultivés et/ou très peu boisés lui sont évidemment défavorables. Bien qu'il s'agisse d'un serpent de grande taille, <i>a priori</i> facilement observable, elle passe souvent inaperçue car elle est bien plus discrète que d'autres grandes couleuvres (Couleuvre verte-et-jaune <i>Hierophis viridiflavus</i> ou Couleuvre de Montpellier <i>Malpolon monspessulanus</i>, notamment) et s'expose peu souvent et peu longtemps à découvert (besoins thermiques assez frugaux).<br> C'est, comme sa congénère la Couleuvre à échelons (<i>Zamenis scalaris</i>), une prédatrice à tendance spécialisée qui cible avant tout les animaux endothermes : elle consomme quasi-exclusivement des micro-mammifères (rongeurs ou insectivores, y compris taupes -cf. galerie de photos- et chauves-souris) et des petits oiseaux (de n'importe quelle espèce, pourvu qu'elle soit capable de les capturer). Elle délaisse généralement les amphibiens, les lézards et les autres serpents. Cette couleuvre, capable de prouesses arboricoles assez remarquables, accède facilement aux nichées de passereaux, qu'elles se trouvent dans les branchages... ou dans un nichoir censé être à l'abri des prédateurs. Elle fréquente également les combles des granges, où elle chasse rongeurs et chauves-souris (ses mues y sont souvent bien repérables).
C'est une espèce d'Eurasie occidentale à tendance méridionale, absente des pays d'Europe du nord (il existe cependant quelques populations, manifestement issues d'introductions, dans le sud du Royaume-Uni). D’ouest en est, elle est répandue du nord-est de la péninsule Ibérique (axe pyrénéo-cantabrique) à l’Asie Mineure (région caucasienne). En Europe, sa limite sud passe par les pays du nord de la mer Méditerranée (Turquie d’Europe exceptée) et sa limite nord suit un axe Bretagne – Alsace, centre de l’Allemagne (populations isolées), sud de la République Tchèque, Slovaquie, nord de la Roumanie et Moldavie. La Couleuvre d'Esculape est largement répartie en France au sud de l'axe mentionné plus haut, avec cependant de vastes zones sans mention (absence réelle ou absence de détection ?).<br><br> En Occitanie, sa répartition est apparemment hétérogène : on note une présence relativement continue sur le pourtour du massif Central (Cévennes au sens large, Quercy et zones proches...) et dans les Corbières, mais ailleurs l'espèce est plus rarement signalée et les données sont concentrées sur des secteurs assez restreints, avec de vastes zones sans observation. La Couleuvre d'Esculape est une espèce de basse altitude (étages planitiaire et collinéen) qui tend à se raréfier rapidement au-dessus de 1000 m environ. Sa limite supérieure connue se situe vers 1350 m dans le massif Central (massif du Mont Aigoual côté Gard) et 1460 m dans les Pyrénées (en vallée d'Orlu, Ariège).
Coluber auculapii Battersby, 1952 | Coluber sellmanni Donndorff, 1798 | Elaphe longissima (Laurenti, 1768) | Natrix longissima Laurenti, 1768 | Zamenis aesculapii var. nigra Fitzinger, 1853 |

Observations par classes d'altitudes

Observations mensuelles