Coronelle girondine (La)

Coronella girondica (Daudin, 1803)

Ordre : Squamata Famille : Colubridae Genre : Coronella
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  • 14
    observations

  • 3
    communes

  • 6
    observateurs

  • Première observation
    2009

  • Dernière observation
    2017
Esslinger Marc - Faucher Mickaël - Leborne Florian - Roux Alexandre - Tiné Rémi - Vollot Benjamin

Informations espèce

La Coronelle girondine est un serpent de faible taille qui atteint en moyenne 40 cm à 70 cm environ à l’âge adulte (exceptionnellement jusqu’à 95 cm) et ses nouveaux-nés sont remarquablement petits : 11 cm à 12 cm seulement au moment de l'éclosion ! (Ce sont les plus petits serpents observables en France). La face dorsale est de couleur brunâtre, grisâtre, ocre ou rosée (teintes souvent mêlées), avec une ornementation assez variable. Certains individus, juvéniles surtout, présentent un motif dorsal "en échelle de corde" plus ou moins net (ils sont alors parfois confondus avec la Couleuvre à échelons, Zamenis scalaris) et d'autres ont une robe à tendance uniforme, mais la plupart porte une série de macules foncées vaguement rectangulaires, ovoïdes ou circulaires, alignées sur un axe vertébral de teinte pâle.

Comme sa congénère la Coronelle lisse (Coronella austriaca), la Coronelle girondine est généralement très méconnue du grand public et souvent confondue « par défaut » avec la Couleuvre vipérine, voire avec les vipères (cf. galerie de photos) malgré ses yeux à pupille circulaire et ses grandes plaques céphaliques typiques des couleuvres. Les confusions avec la Coronelle lisse restent cependant les plus fréquentes, compte-tenu de la ressemblance entre ces deux espèces du même genre.
Il existe un faisceau de caractères morphologiques permettant de différencier les deux coronelles, basé sur l’écaillure et certains traits de la coloration :
- L’œil est situé au-dessus du contact des 3ème et 4ème écailles labiales chez C. austriaca VS au-dessus des 4ème et 5ème chez C. girondica (qui possède donc une écaille de ce type en plus). Cependant, des anomalies de l’écaillure labiale ont été observées à plusieurs reprises chez les deux espèces, souvent d’un seul côté de la gueule. Il convient donc de bien examiner les côtés droit et gauche, et de ne pas se fier à ce seul critère de toutes façons.
- L’écaille rostrale est plus ou moins proéminente chez C. austriaca et elle tend à s’insérer plus ou moins fortement entre les deux écailles internasales. Elle est au contraire non proéminente et s’insère pas ou peu entre les internasales chez C. girondica.
- On observe rarement une « larme noire » à l’aplomb de l’œil chez C. austriaca alors que ce motif paraît être de règle chez C. girondica. Idem pour le bandeau noir (« bride ») en croissant qui parcourt le museau d’un œil à l’autre chez C. girondica : il est typiquement absent chez C. austriaca (mais les jeunes individus présentent parfois un motif approchant). Par ailleurs, le bandeau noir situé en arrière de l’œil a tendance à se poursuivre en avant de l’œil chez C. austriaca, ce qui n'est pas le cas chez C. girondica.
- Attention à la présence d’une figure en « U » sur la nuque, parfois donnée comme caractéristique de C. girondica mais qu’on observe de temps à autre chez C. austriaca (de façon inversée, ouvert vers l'arrière) (cf. galerie de photos).
- Les écailles ventrales portent un motif franchement bicolore chez C. girondica (taches noirâtres sur fond jaune paille ou rosé, disposées en damier approximatif ou sur deux lignes) alors qu’elles sont mouchetées ou finement tachées de façon homogène chez C. austriaca, donnant au ventre un aspect plus ou moins uniforme (la couleur est toutefois variable : noirâtre, ocre ou grisâtre).
- Après la mue, les écailles de cette espèce présentent des irisations bien visibles, qui ne sont pas sans rappeler celles qu'on observe chez le Boa arc-en-Ciel d'Amazonie (Epicrates cenchria). Ce phénomène n'a manifestement pas été constaté chez C. austriaca.
- Enfin, il existe une très importante différence d'ordre biologique entre C. austriaca et C. girondica, évidemment peu observable : la seconde est ovipare (elle pond des œufs) alors que la première est ovovivipare (ne pond pas d'œufs mais "accouche" de petits simplement enveloppés d'une fine membrane transparente qui se rompt immédiatement, comme chez les vipères).
Cette couleuvre affectionne les milieux secs, chauds et ensoleillés tels que les pelouses et landes caussenardes, les garrigues languedociennes, les coteaux secs et les soulanes rocheuses, les "badlands" marneux, les dunes littorales etc. ainsi que divers milieux bien plus anthropiques présentant des caractéristiques thermiques et hydriques similaires : talus de voies ferrées, jardins avec rocailles, friches industrielles etc. C'est une espèce extrêmement discrète, à forte tendance sub-lapidicole durant le jour, qu'on observe rarement à découvert et qu'on découvre généralement en soulevant des pierres plates ou divers autres objets reposant au sol (tôles, planches etc.). En zone bâtie (villages, hameaux, lotissements etc.), elle est souvent trouvée dans les trappes de compteurs d'eau et autres cavités en béton ou ciment appréciées des lézards. Elle déploie volontiers une activité de chasse crépusculaire et nocturne par temps chaud, si bien qu'il n’est pas exceptionnel de la rencontrer alors de nuit (explorant un muret de pierres sèches ou... traversant une route). C’est essentiellement une prédatrice de lézards (Lacertidae surtout, mais également des geckos) et, plus occasionnellement, d'autres serpents. Par endroits, dans les Pyrénées et le Massif central, elle entre en contact avec la Coronelle lisse et les deux espèces peuvent être observées dans un même habitat.
La Coronelle girondine est une espèce à profil biogéographique de type ibéro-maghrébin, présente de part et d'autre du détroit de Gibraltar dans plusieurs pays du bassin méditerranéen occidental : Maroc, Algérie, Tunisie, Portugal, Espagne, Andorre, France (Corse exclue) et Italie.<br> En France, c'est une espèce limitée au tiers sud du pays, mais qui atteint tout de même la Vendée côté ouest (redécouverte récente sur l'île d'Yeu !) et l'Ain côté est.<br> Cette couleuvre est très largement distribuée en Occitanie et présente dans tous les départements de la région, mais elle cède la place à sa congénère la Coronelle lisse (<i>Coronella austriaca</i>) dans les zones les plus élevées et les plus fraîches (Pyrénées et Massif central). C’est plutôt une espèce de basse altitude mais elle pénètre profondément certaines vallées pyrénéennes, atteignant jusqu'à 1600 m dans les Pyrénées-Orientales et 1300 m dans les Hautes-Pyrénées. Dans les Pyrénées centrales, au macro-climat moins favorable, elle apparaît circonscrite au micro-climat édaphique de certaines soulanes rocheuses particulièrement arides (environs de Bagnères de Luchon, de Saint-Lary Soulan, de Luz Saint-Sauveur…). Sa limite altitudinale supérieure est moins élevée dans le Massif central, où elle est inconnue au-dessus de 1100 m. L'aire de répartition des deux coronelles étant faiblement chevauchante (transition entre étages collinéen et montagnard, typiquement), plusieurs cas de syntopie ont été notés, dans les Pyrénées notamment.
Coluber girondicus Daudin, 1803 | Coluber meridionalis Daudin, 1803 | Coluber riccioli Metaxa, 1823 | Coluber rubens Gachet, 1829 | Coronella leavis var. hispanica Boetgger, 1869

Observations par classes d'altitudes

Observations mensuelles